Cd Romanian Travel Guide

Home > Histoire > La grande Roumanie

La grande Roumanie

  • Cap, truncheon and cavalry girlde whitch belonget to Marshal Ion Antonescu

    Cap, truncheon and cavalry girlde whitch belonget to Marshal Ion Antonescu

La Grande Roumanie. De la démocratie ŕ la dictature

 

En 1918, l'unité nationale des Roumains fut parachevée ŕ base du droit des peuples ŕ l'autodétermination. Sur la toile de fond d'agitations sociales et nationales en Europe centrale et orientale, le 27 mars 1918 se réunissait ŕ Chiţinau le Conseil du Pays qui décidait "l'unification, maintenant et pour toujours, de la Bessarabie avec la Roumanie." Le 28 novembre 1918, le Congrčs Général de la Bucovine votait a l'unanimité "l'union sans conditions et pour toujours de la Bucovine, dans ses anciennes frontičres, jusqu'au Ceremuţ, au Colacin et au Dniestr, avec le royaume de Roumanie". Le Ier décembre 1918, la grande assemblée nationale d'Alba Iulia proclamait "l'union pour toujours avec la Roumanie de tous les Roumains de Transylvanie, de Banat, de Criţana et de Maramureţ." L'armée roumaine entra de nouveau en Transylvanie vers la fin de 1918. Au cours de l'été 1919, ŕ la suite d'une attaque lancée contre l'armée roumaine par le régime communiste instauré en Hongrie, les troupes roumaines opérčrent une contre-offensive et occupčrent pour plusieurs mois Budapest. L'ă‰tat national roumain parachevé, comprenant maintenant, en dehors de l'ancien royaume, la Bessarabie, la Bucovine et la Transylvanie, fut recunnu par les traités de paix de Versailles (1919-1920). En 1922, ŕ Alba Iulia eut lieu le couronnement du roi Ferdinand et de la reine Maria.

Aprčs 1918, l'adoption de plusieurs réformes importantes - celle du scrutin universel, la réforme agraire de 1921, la Constitution de 1923 - marqua des pas en avant visant ŕ consolider l'ă‰tat national. Riche en ressources naturelles et instaurant un régime politique constitutionnel reposant sur une démocratie réelle, la Roumanie enregistra pendant l'entre-deux-guerres un niveau de développement assez important. La crise économique de 1929-1933 provoqua en Roumanie aussi des remous sociaux et politiques, préparant la voie ŕ la restauration des droits ŕ la succession du trône de Carol - fils du feu roi Ferdinand - qui avait vécu quelques années en exil, aux côtés de sa matîresse, Elena Lupescu. Carol accéda au trône en 1930 sous le nom de Carol II. Pendant son rčgne, en dehors des grands partis historiques - le Parti National Libéral et le Parti National Paysan -, qui constitučrent alternativement les gouvernements, se consolida un parti de type fasciste, la Garde de Fer, avec lequel le roi entretenait des rapports contradictoires. En 1938, le roi Carol II abolit la constitution et instaura un régime de pouvoir personnel et dictatorial. Entré en conflit avec la Garde de Fer, le roi fit arręter des leaders de ce parti et liquider son chef. L'assassinat du premier ministre Armand Calinescu en septembre 1939 en fut la riposte.

Quant ŕ la politique extérieure, il convient de signaler l'action pour le maintien de la sécurité européenne menée par la Roumanie dans le cadre de la Ligue des Nations oů elle fut représentée par une grande personnalité de la diplomatie roumaine, Nicolae Titulescu. La Roumanie a également joué un rôle important dans des alliances régionales, telles que la petite Entente (ŕ partir de 1921 ), réunissant la Roumanie, la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie, et l'Entente Balkanique (ŕ partir de 1934 ), ŕ laquelle participaient la Roumanie, la Yougoslavie, la Grčce et la Turquie. En 1936, Carol II fit écarter du gouvernement le ministre Nicolae Titulescu.

En 1940, la Roumanie dut subir de dures pertes territoriales la Bessarabie et la Bucovine du nord furent exigées par l'URSS (26-28 juin) par un ultimatum, le nord-ouest de la Transylvanie dut ętre cédé ŕ la Hongrie comme effet du Diktat de Vienne (28-30 aoűt); enfin, deux départements du sud de la Dobroudja, constituant la zone ainsi nommée le Cadrilater, furent exigés et obtenus par la Bulgarie (en septembre). Tout ceci était la suite de la grave détérioration, en 1939 et 1940, des rapports de la Roumanie avec l'Union Soviétique et l'Allemagne ces puissances avaient signé le pacte Ribbentrop-Molotov (le 23 aoűt 1939), par lequel elles se partageaient les sphčres d'influence en Europe centrale et orientale.

La grave crise de 1940 contraignit Carol II ŕ abdiquer en faveur de son fils, Michel Ier. Le général Ion Antonescu devint le premier ministre de la Roumanie et il s'arrogea le titre de Conducător (leader) de l'ă‰tat, instaurant, une nouvelle dictature.

Vers la fin de 1940, une mission militaire allemande fit son entrée en Roumanie. Dans ces conditions, vu l'aspiration nationale de faire revenir ŕ la patrie-mčre la Bessarabie et la Bucovine, ainsi que le danger que représentait le bolchévisme, le gouvernement de la Roumanie, dirigé par Ion Antonescu, décida de se rallier ŕ l'action militaire allemande qui déclencha, le 22 juin 1941, les hostilités contre l'URSS. Les défaites militaires subies ŕ partir de 1942 déterminčrent le gouvernement Antonescu, mais surtout les forces démocratiques de l'opposition, ŕ tenter de sortir de l'alliance avec l'Allemagne.

Le coup d'ă‰tat du 23 aoűt 1944, réalisé avec la participation du roi Michel et l'appui de toutes les forces politiques du pays, renversa le régime Antonescu. La Roumanie tournait les armes contre l'Allemagne nazie et mettait toutes ses forces économiques et militaires ŕ la disposition de la coalition antifasciste. Aprčs avoir chassé hors du pays les troupes allemandes, l'armée roumaine combatit pour la libération de la Hongrie et de la Tchécoslovaquie.

Le traité de paix de Paris (1947) déclara nul et non avenu le Diktat de Vienne, de sorte que la Roumanie put rétablir ses droits souverains sur la Transylvanie. Mais la Bessarabie, le nord de la Bucovine et. la contrée de Herţa demeurčrent sous l'occupation soviétique.